Trek de Santa Cruz : notre premier bivouac autonome en haute montagne




Après avoir fait nos 2 premières randonnées d’acclimatation à l’altitude, nous allons enfin pouvoir partir à l’aventure sur le sentier de Santa Cruz dans le Parc National de Huascaran, en bivouac autonome !

Le parc est situé dans la Cordillère Blanche du Pérou, il est inscrit au Patrimoine Mondial de l’Unesco. On y trouve les plus hauts sommets du pays comme le Huascaran à 6768m. Il y a beaucoup de circuits de randonnée aux difficultés diverses.

Informations générales :
– 4 jours de randonnée / 3 nuits en bivouac
– 50 km
– sens de randonnée : de Vaqueria à Cashapampa. Possibilité de le faire dans l’autre sens, mais plus difficile !
– altitude maximum : 4750m (col de Punta Union)
– difficulté : moyenne
– pas de ravitaillement sur la route
– matériel : 1 tente 3 pers, tapis de sol, duvets, réchaud+bouteille de gaz, ustensiles de cuisine, vêtements et nourriture (pas de nourriture lyophilisée disponible à Huaraz)

Conseils pratiques :
– l’aller pour se rendre à Vaqueria : collectivo de Huaraz à Yungay (5PEN/pers) puis un autre collectivo de Yungay à Vaqueria qui part une fois plein (20PEN/pers).
– le retour de Cashapampa à Huaraz : taxi collectif de Cashapampa à Yungay (10PEN/pers), puis collectivo de Yungay à Huaraz (5PEN/pers).
– acheter le boleto du parc directement sur la route, un bureau se trouve à l’entrée du parc (150PEN/pers).
– location du matériel de camping chez Andes Camping, que nous ne recommandons pas vraiment. Leur tente n’est pas adaptée pour le froid et les tapis de sol bien trop fins pour pouvoir dormir.

JOUR 1 : Vaqueria (3700m)-> La Paria (3870m) / 11km / 460m D+ / 300m D- / 4h

Nous partons de Huaraz à 6h30 en direction de Yungay. Nous nous rendons compte à mi-chemin sur la route que nous avons oublié les billets d’entrée du parc à l’hôtel. Quentin fait donc demi-tour pour aller les chercher et nous l’attendons dans un café. À 11h nous prenons un collectivo qui part à Vaqueria, nous sommes 15 personnes dedans complètement serrées, les 3h sont très longues !! La route est sinueuse, voire très dangereuse parfois. Le chauffeur passe très près du bord du ravin, de quoi donner des frissons dans le dos.

À 13h30 nous commençons notre 1ère journée de trek avec nos 14 kg chacun sur le dos et surtout 2h de retard. Le parcours n’est pas difficile mais pas très bien balisé par endroit, on s’aide donc de MapsMe et les locaux nous indiquent le chemin.

On apprivoise tranquillement notre sac, on passe le 1er check-point et c’est maintenant l’heure des complications avec nos « amies » les bêtes ! Nous nous sommes fait charger 1 fois par des énooormes moutons et 2 fois par des vaches. Quentin s’est enfoncé dans la boue pour les éviter, mauvais plan ! On s’en souviendra de ce 1er jour. Les paysages sont superbes, nous voyons au loin les pics enneigés !

Après 4h de marche nous arrivons à notre 1er campement : La Paria. La pluie commence à tomber au moment où nous montons la tente, une vraie partie de plaisir ! Une fois bien trempés et frigorifiés (tandis que les groupes d’agences sont bien au chaud sous leur grande tente, et surtout nous ont bien vu galérer. Vive la solidarité !) on peut mettre notre eau à chauffer pour faire cuire nos noodles soups. Le repas sera rapide pour ce soir.

JOUR 2 : La Paria (3870m) -> Taullipampa (4250m) / 13km / 900m D+ / 500m D- / 9h

Nous nous réveillons tôt, le corps endolori et glacé. La nuit fût difficile, entre le froid et le sol très dur. Pas simple de récupérer ! On s’efforce d’avaler un porridge immonde en guise de petit déjeuner et un maté de coca pour nous réchauffer.

Nos affaires rangées et la tente pliée, nous pouvons partir pour cette longue journée de trek.

Les paysages sont encore une fois splendides, on se croirait en Écosse (même si nous n’y sommes jamais allés!). De grandes plaines vertes avec de petits ruisseaux, entourés de montagnes et animaux. La marche n’est pas très difficile jusqu’à ce que nous arrivions au pied du col Punta Union ! Nous voyons au loin la petite ouverture dans la montagne où se trouve le passage.

La montée est très difficile, pas vraiment dû à l’altitude ou à l’aspect physique, mais surtout à la douleur infligée par les sacs qui nous cisaillent les épaules. Nous sommes obligés de nous arrêter régulièrement (quelques secondes seulement pour ne pas casser notre rythme). Le « chemin », si on peut appeler ça un chemin, est peu praticable : rochers à escalader et glissants. Quel bonheur !!

Plus on avance et plus nous avons l’impression que le col s’éloigne ! La vue derrière nous est quand même pas mal ! Nous prenons tout de même le temps de l’admirer.

Finalement après 2/3h de montée nous passons le col, où les températures et le vent glacials font place à un soleil qui nous réchauffe le corps et l’esprit ! Un magnifique lac bleu turquoise nous accueille ainsi que toute la vallée en contre-bas. Nous prenons notre pique-nique face à ce paysage incroyable avant de redescendre pendant 2h, encore sur un sol glissant et plein de cailloux.

Arrivés au camp de Taullipampa, nous montons la tente au bord d’une rivière. Nous sommes entourés de montagnes immenses, notamment la Paramount Mountain, aux sommets enneigés. Un vent glacial souffle fort, on monte vite la tente et on prépare notre dîner. Au menu de ce soir : riz à la sauce tomate et au thon.

Cette journée nous a épuisé. Il est l’heure d’aller se coucher !

JOUR 3 : Taullipampa (4250m) -> Llamacorral ( 3760m) / 20km / 270m D+ / 660m D- / 9h

Encore une nuit très froide. Malgré nos couches de vêtements techniques et les couvertures de survie dessous et dessus nous sommes encore frigorifiés ! Malheureusement la tente que nous avons loué ne contient pas de bâche à mettre sous notre « cabine », le froid et l’humidité du sol passent donc par là. Pour la prochaine fois nous vérifierons bien le matériel !

Nous décollons du camp à 8h et au vu de la journée d’hier nous pensions aller directement au prochain campement et zapper le crochet vers la Laguna Arhuaycocha. Finalement nous ne voulons pas le regretter et partons à l’assaut du lac.

Nous empruntons un chemin à flanc de montagne avec vue sur la vallée en contre-bas que nous prendrons plus tard. En attendant le chemin monte légèrement, rien à voir avec celui de la veille ! La plaine est très belle, nous pouvons commencer la montée vers la laguna.

Quelle surprise en arrivant en haut ! La lagune est encore une fois d’un bleu turquoise éclatant. On en prend plein les yeux ! On décide de pique-niquer ici avec nos 2 amis les chiens comme compagnie. Nous ne réalisons toujours pas la chance que nous avons de voir ces paysages incroyables. On en oublie même nos épaules douloureuses (seulement quelques instants ^^). Nous assistons à des éboulements de pierres qui résonnent tout autour de nous avec un écho impressionnant !

C’est avec ces belles images dans la tête que nous redescendons vers notre campement à travers la plaine aride où le soleil tape très fort aujourd’hui ! Nous passons devant un lac où les vaches, chevaux et ânes peuvent s’y désaltérer. On y piquerait bien une tête nous !

Il est 17h nous posons nos affaires au camp, le dernier de ce trek. Nous installons la tente derrière de petits murets en pierres et allons acheter de quoi prendre un apéro à la tienda de fortune installée pour les randonneurs. Il ne fait pas trop froid ce soir, on peut donc profiter un peu et rester en dehors de la tente !

Après le repas avalé, on s’installe dans la tente prêts à affronter cette dernière nuit. Et quelle nuit…

JOUR 4 : Llamacorral (3760m) -> Cashapampa (2900m) / 9km / 860m D- / 3h

Bon cette fois-ci cette nuit a été la pire, pour Marine en tout cas ! Impossible de dormir, il a fait extrêmement froid. Nous nous rendons compte le matin que la tente est gelée et aussi le sol. Tout cela explique ce froid très rude.

Le soleil passe vite au dessus des montagnes et nous réchauffe le temps du petit déjeuner. On peut replier le camp et partir en direction de Cashapampa, le point final de ce trek de 4 jours.

C’est que de la descente, pas difficile, mais le sol est glissant et pas très stable. On longe une superbe rivière d’un beau vert. La fin approche bientôt, nous ne cachons pas que nous sommes quand même pressés d’arriver à destination !

Un panneau à l’arrivée marque la fin du trek dans la Parc National de Huascaran. WE DID IT !!

BILAN

Ces 4 jours ont été intenses tant physiquement que psychologiquement. Cela a été un gros dépassement de soi et une grande fierté d’avoir parcouru tous ces kilomètres !

Les paysages étaient extraordinaires, bivouaquer en autonomie en haute altitude a été une grande première pour nous ! La randonnée n’était pas bien compliquée, le sentier n’était pas vraiment dangereux et nous avons croisé les mêmes groupes partis avec une agence durant les 4 jours. Donc nous n’étions pas seuls, ce qui rassure quand on souhaite s’y aventurer sans guide.

Nous avons aimé :
– les paysages variés
– devoir se débrouiller seuls et planifier nous-même notre trajet
– se dépasser
– être en pleine nature loin de tout, déconnectés du monde

Nous avons moins aimé :
– le peu de solidarité entre randonneurs
– le FROID
– notre sac trop lourd
– se faire charger par des animaux (maintenant on en rigole)

En tout cas c’est sûr nous recommencerons !!

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3 Replies to “Trek de Santa Cruz : notre premier bivouac autonome en haute montagne”

  1. […] sommes à 3000m d’altitude et notre gros objectif est de faire le trek de Santa Cruz 2 jours plus tard. Pour cela nous sommes obligés de s’acclimater à l’altitude pour […]

  2. C’est vraiment magnifique ! Ça fait rêver !

    1. marine&quentin dit : Répondre

      Merci copain !! Vous pourrez y aller avec p’tit Paul dans quelques années =)

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